Points de vue du petit monde du 2RM
Mercredi, 23 Mars 2011 15:55

Le voyage sur la toîle permet de trouver divers points de vue sur le problème qui nous intéresse.

News letter de l'Amicale MZ

(Par son président, Eric)

 

Note d’analyse sur le contrôle technique des 2RM

(Par la FFMC - le 28 mai 2010)

Accès au dossier complet au format pdf

Qui est concerné ?
Les deux-roues motorisés (scooter, cyclomoteurs) neufs ou d’occasion d’une cylindrée
inférieure ou égale à 49,9 cm3 et ne devant pas dépasser par construction la vitesse maxi de
45 km/h.
Selon l’Association des Constructeurs de Motocycles Européens (ACEM), le nombre de
cyclos en circulation en France est estimé à 1,3 million d’unités (chiffres 2008).
Pourquoi le contrôle-technique (CT) des cyclomoteurs est une mesure « bidon » ?
Cette idée de CT des cyclomoteurs est en partie une réponse des technocrates face à
l’émotion suscitée dans l’opinion publique par les accidents mortels survenus à des
adolescents qui jouaient sur des moto de tout-terrain non homologuées pour circuler sur la
voie publique. Des émeutes urbaines largement relayées par les médias s’ajoutent aux
tensions et les responsables politiques surenchérissent par des déclarations spectaculaires.
Mais ces accidents ne sont pas à proprement parler des accidents dit de « sécurité
routière ». Ils surviennent dans des périmètres réduits, généralement circonscrits à un
quartier urbain où le problème est récurrent, sans pour autant faire l’objet d’actions efficaces
de la part des pouvoirs publics.
La médiatisation de ces faits laisse imaginer qu’il existe un problème grave de sécurité
routière chez les jeunes utilisant des cyclos… la corrélation avec des engins nonhomologués
et volontairement « trafiqués » s’établit dans l’opinion publique à partir de ces
amalgames : dès lors, une surenchère réglementaire devient socialement acceptable.
Le prétexte avancé par la Délégation Interministérielle à la Circulation et à la Sécurité
Routière (DSCR) pour justifier le CT des cyclomoteurs s’articule sur la lutte contre le
débridage. Légalement, les cyclomoteurs sont limités par construction à 45 km/h. En
pratique, de nombreux cyclos sont débridés. Les cas de débridage les plus courants sont
constitués par une modification des dispositifs de bridage à l’admission (diamètre de la pipe
d’admission, carburateur ou systèmes d’injection) et/ou à l’échappement (diamètre des
conduits, chicanes). D’autres systèmes concernent les paramètres d’allumage, notamment
par des « puces » électroniques qui limitent les montées en régime du moteur, parfois au
moyen d’un calculateur couplé à la vitesse de rotation des roues du véhicule. La modification
volontaire de ces paramètres est facilement réversible : il suffit, avant un contrôle, de
remettre en place les dispositifs de bridage d’origine.
Débridage ou gonflage ?
Il est important de distinguer le débridage qui consiste à retrouver les caractéristiques
mécaniques intrinsèques à la conception d’un véhicule et le « gonflage » qui tend à
augmenter exagérément les possibilités, en puissance et en vitesse maxi d’un véhicule…
hélas, la DSCR ne fait pas cette distinction.
Un cyclo de 49,9 cm3 est-il plus dangereux s’il est débridé pour rouler à 60 ou 80 km/h ?
Non car dans la majorité des cas, les moteurs de 49,9 cm3 équipent des véhicules existant
aussi en 80 cm3 : les cyclomoteurs de 49,9 cm3 sont donc sous-motorisés par-rapport au
reste de la partie-cycle (freins, pneus et suspensions) prévue pour des véhicules d’une
cylindrée supérieure et pouvant dépasser 45 km/h.
Les rapports et avis des spécialistes du 2RM n’ont pas été pris en compte
Pour sa part, la FFMC estime que la limitation à 45 km/h ne permet pas à un véhicule de
s’insérer dans le trafic général dans de bonnes conditions de sécurité pour son conducteur.
La FFMC a proposé d’étudier le relèvement de la vitesse maxi à 60 km/h : d’une part pour
les motifs de sécurité d’évolution, mais aussi pour limiter les velléités de débridage des
cyclos. Notre proposition a été repoussée sans discussion par la DSCR. Bref, la DSCR
prétend qu’un CT imposé aux cyclos permettrait de contrôler si ceux-ci sont débridés ou pas.
Etonnant car pour prétendre améliorer la sécurité routière des 2RM, la DSCR a lancé une
concertation avec les représentants des usagers du 2RM, les assureurs et les professionnels
de l’univers du 2RM. Cette concertation est basée sur le Rapport Guyot, une étude de 280
pages publiée en 2008. Au chapitre consacré au problème du débridage des cyclos, ce
rapport énonce non seulement (p.103) « qu’il n’existe pas de statistiques officielles, d’études
ou de recherches scientifiques documentées tendant à établir un lien de causalité effectif
entre l’état d’un véhicule et l’accidentalité des utilisateurs ». Quatre pages plus loin, il est
même écrit que « ce n’est pas le contrôle technique qui fera sensiblement baisser le
débridage » (p.107).
L’étude Maids confirme également que l’état du véhicule n’entre que pour une très faible part
dans les accidents de 2RM (0,7 % des accidents). Enfin, selon les données publiées par
l’Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière (ONISR), la majorité des
accidents de 2RM concerne des véhicules récents et n’ayant parcouru qu’un faible
kilométrage.
Une décision unilatérale, autoritaire et non discutée préalablement
Annoncée par le Premier Ministre François Fillon à l’issue d’une réunion du Conseil
Interministériel de Sécurité Routière (CISR) qui s’est tenue le 18 février 2010, la mesure
visant à mettre en place un CT pour les cyclomoteurs n’a pas été débattue lors de l’entrevue
préalable au CISR à laquelle la FFMC était présente, pas plus qu’elle n’a été discutée dans
le cadre de la Concertation censée justifier les annonces du CISR. Cette annonce est donc
un passage en force et la FFMC a été mise devant le fait accompli.
A qui cela va profiter ?
Aux réseaux des centres de contrôle technique, lesquels appartiennent à des groupes
financiers partenaires de grosses compagnies d’assurance…. Comme par hasard, les
assureurs sont très favorables au CT des 2RM (sauf la Mutuelle des Motards).
En quoi le CT des cyclos est-il une mesure inefficace ?
• Parce qu’il est facile de présenter au CT un cyclo « conforme » en remontant
préalablement les dispositifs de bridage pour les redémonter ensuite.
• Parce que les cyclos les plus pourris et les moins conformes sont majoritairement
ceux qui sont utilisés par des jeunes non-titulaires du BSR, non assurés, circulant
dans des zones urbaines où la police limite ses interventions pour éviter des
confrontations pouvant tourner à l’émeute…
…ce qui revient à penser que les cyclos ayant motivé les velléités réglementaires des
Pouvoirs publics sont précisément ceux qui échapperont aux contrôles. Quant aux autres
(ceux qui circulent avec une assurance et des papiers en règle), leurs véhicules peuvent
déjà être contrôlés (et suspendus de leur droit à circuler) par les forces de l’ordre à
l’occasion d’un simple contrôle routier.
La DSCR a d’autant plus raté la marche que de longue date, la FFMC a formulé des
propositions concrètes en matière de sensibilisation à la conduite chez les plus jeunes.
Parmi celles-ci, nous demandions la mise en place d’un contrôle parental renforcé associé à
l’examen scolaire du BSR et notamment :
• Sensibiliser les conducteurs de cyclomoteurs et de motocyclettes légères à
l’importance de l’entretien de leurs véhicules lors de leurs formations respectives
(BSR et stage 125cm3).
• Intégrer dans les programmes de l’Education Nationale un module « sécurité
routière » dispensé depuis l’école primaire jusqu’au lycée.
Qu’en dit la DSCR ?
Le 19 mai 2010, lors d’une journée SR/2RM organisée par la préfecture de police de Paris et
la DSCR au circuit Carole, Michèle Merli déléguée interministérielle à la Sécurité routière
(interrogée par la FFMC à propos du CT des cyclos) a affirmé que le CT serait circonscrit
aux cyclomoteurs et qu’il n’était pas question de l’étendre aux motos… mais dans le même
temps, ses services travaillent à l’établissement d’une convention avec les assureurs et les
experts pour l’exploitation des données des expertises « Véhicule gravement
accidenté » (VGE) pour faire évoluer les « critères de dangerosité » (source l’Argus de
l’assurance du 9 avril 2010).
Sur la question des facilités de débridage/remise en conformité, Michèle Merli souhaite que
le bridage soit « électronique » et non plus « mécanique ». Elle déclare vouloir peser sur
cette question technique avec ses homologues européens.
Quels problèmes de mise en place ?
Selon Michèle Merli, le CT des cyclomoteurs sera effectué chez les prestataires du contrôle
automobile. D’après une enquête parue dans Moto-Magazine de mai 2010, les
professionnels du CT devront investir près de 35 000 € dans un pont élévateur adapté aux
2RM, un banc de freinage et un « speedomètre » (appareil pour mesurer la vitesse maxi).
Quant à la formation spécifique des techniciens de contrôle, rien n’a été établi pour l’instant.
Le coût de la visite est estimé par les centres de contrôle entre 40 à 60 € pour une visite qui
comprendra aussi la vérification des pneus, de l’éclairage et de la conformité des numéros
de série.
La question de la disparité géographique na pas été posée : alors que 75% des ventes de
cyclomoteurs sont réalisées en province (selon la branche « 2-Roues » du Conseil National
de l’Automobile -CNPA), aucune prospective n’a été avancée pour équiper les centres de
CT auto en zones rurales de manière à ce qu’ils puissent accueillir les cyclomoteurs censés
s’y présenter. Comme la FFMC et la FFM, le CNPA a d’ailleurs proposé de réfléchir à un
relèvement de la vitesse des cyclos à 60 km/h.
Enfin, la question des cyclomoteurs construits dans les années 1960-1970, par exemple les
célèbres Mobylettes Motobécane AV 88, 89, 92 98 et autres D52 qui dépassaient par
construction la vitesse de 45 km/h ne semble pas avoir été non plus prise en compte. Ces
cyclomoteurs (et vélomoteurs pour les modèles à boîte de vitesse) ont été produits à des
millions d’exemplaires et nombres d’entre-eux sont toujours en circulation actuellement. Et
que dire des Solex (38 à 45 cm3) qui ne dépassent pas les 30 km/h ? Leurs amateurs
devront-ils aussi se présenter tous les deux ans au contrôle technique ? Absurde !
Bref, encore une fois, les décideurs politiques mettent la charrue avant les boeufs et
annoncent des mesures sans avoir suffisamment réfléchi à leur mise en oeuvre. Cela
confirme que les questions de sécurité routière doivent autant à des effets d’annonce à
l’attention d’une opinion publique sidérée par un matraquage de chiffres mortifères qu’aux
réalités d’un contexte mal évalué par les Pouvoirs publics.
Et le CT pour tous les deux-roues motorisés (2RM) ?
Les publications professionnelles communiquent déjà sur le futur CT des 2RM et le réseau
des centres de CT s’y prépare en multipliant les opérations de séduction dans les
événements de type « salon de la moto », « semaine de la moto et du scooter », assurant
disposer à court terme de personnels compétents, motards, etc… Selon un article publié le 4
mai 2010 sur le site Internet de Moto-Magazine, l’un des dirigeants de l’association Club-14
(dont les adhérents « automatiques » sont les titulaires d’un contrat d’assurance AXA) s’est
récemment déclaré favorable à un CT pour tous les 2RM (http://www.motomag.com/
Controle-technique-Axa-Club-14.html). D’autre part, l’association Prévention routière s’est
également prononcée pour un CT pour tous les 2RM.
Nul doute qu’une fois mis en place, compte-tenu des investissements entrepris par le réseau
des centres de contrôles, les professionnels (soutenus par les assureurs et les associations
dites de « sécurité routière ») pousseront à nouveau les technocrates à envisager un CT
étendu à l’ensemble des 2RM qui représentent un parc de plus de 3 millions de véhicules…
et ce au nom de la « Sécurité routière » et au motif que cela se fait chez certains de nos
voisins européens.
Ailleurs en Europe…
Sur les vingt-sept pays qui composent l’Union européenne, quinze ont adopté un CT pour
tous les 2RM (dont huit pour mesurer les émission polluantes

Nous nous permettons d'apporter deux petits correctifs sur cet exposé exemplaire. Il n'y a jamais eu de Solex en 38 cm3, et le Motobécane D52 était, lors de sa sortie; considéré comme un Vélomoteur (il était donc immatriculé et nécessitait la licence). Il n'est pas dans la catégorie "Cyclomoteur", mais cela ne le dispense en rien d'un éventuel CT...

 

Contrôle technique ta mère !

(par - le 15 mars 2011)

Accès à la page internet

Notre hyper-gouvernement - toujours à bloc ! - décide d’instaurer un contrôle technique obligatoire (tous les deux ans) pour les cyclos, mobylettes et autres petits scooters à partir de 2012.

Les études et statistiques disponibles sont pourtant unanimes. Le contrôle technique obligatoire pour les voitures – toujours plus drastique et onéreux - n’améliore aucunement les performances de la sécurité routière, il n'est utile qu'aux professionnels de l’automobile, et accessoirement aux policiers (soumis à des quotas de PV). Même l’effroyable Docteur Got – d’ordinaire partisan de thèses 100% répressives - est d’accord là-dessus, c’est dire. En clair : contrôle technique rime avec pompe à fric. Et le parc automobile étant désormais ferré, nos dirigeants étendent le juteux CT à celui des deux-roues.

Celui-ci a déjà une histoire. Proposé début 2008 par le député UMP Thierry Mariani sous prétexte d’accidentologie, le contrôle technique « spécial motos » se heurta à la fronde des « Motards en colère » (la FFMC) et fut reportée. D’autant plus facilement que les centres n’étaient pas équipés pour le deux-roues, les contrôleurs non formés. C’était le prototype de la nouvelle contrainte ambiguë et bâclée décidée par des technocrates aux abois, puis remballée piteusement aussitôt sortie. Mais en politique, le sentiment de passer pour un con semble faire partie d’une époque révolue ; nos hauts fonctionnaires et leurs divers complices (dont la FFVE) s’entêtent à présenter le contrôle technique deux-roues comme « inéluctable ». Celui-ci est obligatoire dans plusieurs pays d’Europe martèlent-ils. Mais est-ce parce qu’une obligation imbécile sévit ailleurs que nous devons l’adopter ?

La société du contrôle, selon Sarkozy

Ce cérémonial déresponsabilisant n’est qu’une contrainte fiscale et policière de plus pour des cyclomotoristes, et bientôt pour les motards et scootards dont l’immense majorité roule sur des machines entretenues, leur santé étant intimement liée à l’état de leur monture. D’après le rapport MAIDS publié en 2004 par l’ACEM (l’Association européenne des constructeurs de motos) seulement 0,7% des accidents de deux-roues motorisés seraient imputables à une défaillance mécanique. Et parmi ces « défaillances mécaniques » combien auraient été détectées par un "contrôleur" ? Ces nano-chiffres disqualifient cette nouvelle tentative de notre société du contrôle. Et pourtant la mesure nous est imposée ! D’abord via les cyclos.

Le but de l’opération serait - officiellement - d’éradiquer le « débridage » des 49,9cc lequel serait facteur d’accidents selon les « experts » du gouvernement. Mais certains ados auront toujours des comportements transgressifs, tandis que cyclos et petits scooters sont sur la route tout en bas de l’échelle des espèces. Est-ce bien raisonnable de les obliger à se traîner à 45 à l’heure, coincés dans le caniveau, frôlés par les camions ? Même les voiturettes sans permis vont plus vite ! Ce qui est débridé n’est-ce pas plutôt la connerie de nos « experts » ?

Dans notre actuelle dictature administrative, circuler en Vélosolex, en petit Vespa ou en mobylette, nécessite déjà de faire immatriculer sa vieille pétoire, d’y apposer une plaque, et de passer un permis de conduire via une formation de cinq heures dans une auto-école (ASR/BSR) ! Aujourd’hui, nouvelle contrainte : le contrôle technique périodique. Et demain ? Le port obligatoire des casque intégral et gilet jaune fluo ? Le pot catalytique sur les Bleues ? Les clignotants et l'ABS sur les Solex ? Et pourquoi pas un permis vélo tant qu'on y est ?

Ras le bol de cet interventionnisme rapace ! Ces têtes de cire qui empilent les contraintes et mesures coercitives, bafouant au passage le principe de la non-rétroactivité des lois, doivent comprendre qu’il y a un seuil d’acceptabilité sociale à ne pas dépasser. Que plus on génère de la frustration, plus on incite à la transgression...

Faisons comme pour la vignette moto en son temps : refusons cet énième macaron.

Mise à jour le Jeudi, 21 Avril 2011 09:57